Avant toute chose, saviez-vous qu’en quechua : machu signifie « vieux », picchu signifie « montagne » ? Vous l’aurez compris : c’est littéralement « la vieille montagne » que vous vous apprêtez à visiter.
Avant de partir au Pérou, j’avais dans l’idée que le Machu Picchu, comme tout site aussi célèbre, serait plutôt facilement accessible. Mais il s’est avéré qu’il était impossible de s’y rendre autrement qu’en passant par Aguas Calientes, la petite ville nichée au pied de la montagne. Pour y arriver, trois options s’offraient à moi : le train Perurail, le minibus via Hidroelectrica suivi d’une petite marche, ou encore un trail à pied sur plusieurs jours.
J’ai choisi le minibus, pour des raisons à la fois économiques et de temps – 20€ l’aller-retour contre 80€ environ en train, moyennant quelques heures de route en plus (ces tarifs datent de 2016, année de mon voyage).



Atteindre Aguas Calientes, la porte d’entrée du Machu Picchu
Après le trajet via Hidroelectrica, l’arrivée à Aguas Calientes marque une étape à part entière. La petite ville est principalement un point d’étape avant de se rendre dans le sanctuaire historique Inca, comme en témoignent les nombreux hôtels, restaurants et boutiques de souvenirs présents dans le centre-ville.
Située au confluent de deux fleuves, c’est l’une des villes les plus humides que j’aie connues : l’intérieur même des habitations semblait imprégné d’humidité en permanence. J’ai d’ailleurs vite compris qu’une fois trempée (par la transpiration de la montée ou par la pluie) mes vêtements ne sécheraient plus avant longtemps. Un conseil que je me suis répété tout le séjour : prévoir large en vêtements de rechange secs.
S’organiser avant la montée vers le Machu Picchu
Depuis juillet 2017, le gouvernement péruvien a largement régulé l’accès au site : impossible désormais d’entrer dans la citadelle sans guide, avec des groupes limités à 16 personnes, et un accès restreint à une demi-journée (6h-midi ou midi-17h30). Lors de mon passage, j’avais toutefois pu m’insérer dans un groupe directement à l’entrée, mais mieux vaut aujourd’hui réserver son tour en amont.
J’ai aussi appris qu’il est interdit d’entrer avec de la nourriture ou des boissons, et que tout ce qui se vend sur place (y compris l’accès aux toilettes) est cher ! Un bon petit-déjeuner avant de partir n’est donc pas un luxe.
La montée à l’aube depuis Aguas Calientes
Le grand jour, je suis partie d’Aguas Calientes à 4h30 du matin pour grimper à pied — une ascension difficile, mais qui vaut largement le coup : voir le soleil se lever sur la cité inca est un moment que je n’oublierai jamais. Il faut compter environ 1h30 pour un marcheur moyen.


Un bus existe pour ceux qui préfèrent ou ne peuvent pas grimper, mais son ticket coûte environ 12€ pour à peine 5 minutes de trajet. Si vous optez pour le bus, sachez que la file d’attente commence tout de même très tôt : il faut être sur place à 4h45 maximum pour espérer profiter du lever de soleil, le premier bus partant à 5h.
Deux choses que j’aurais aimé savoir avant de partir : on est très proche du soleil là-haut, et les coups de soleil arrivent vite — j’ai attrapé le pire de ma vie ce jour-là. Et les mouches, elles, ne plaisantent pas : entre les piqûres et les nuits à me gratter, j’en garde un souvenir cuisant (au sens propre). Manches longues, pantalon, crème solaire et anti-moustiques sont, avec le recul, non négociables.
La découverte de la cité du Machu Picchu
C’est vraiment l’un des sites les plus magnifiques que j’aie pu découvrir lors de mon voyage en Amérique du Sud (le Lac Titicaca en était une autre). Une fois l’ascension faite et le billet d’entrée validé, découvrir d’un coup l’étendue de la citadelle qui se dévoile entre les montagnes luxuriantes et les nuages matinaux valait tous les efforts du réveil aux aurores.
Les terrasses agricoles en pierre sèche qui s’étagent à flanc de montagne, avec quelques lamas qui paissent paisiblement, les ruines des temples et des habitations se dessinent peu à peu à mesure que la brume se lève, et le silence du petit matin, donnent au site une atmosphère presque irréelle au début de la journée, bien loin de l’affluence qui s’installe peu à peu jusqu’à remplir les couloirs de pierre quelques heures plus tard.

Se pose d’ailleurs la question de la fréquentation du site, au vu de son succès : les nouvelles règles mises en place depuis 2017 sont censées la limiter afin de préserver ce patrimoine exceptionnel, mais la préservation du Machu Picchu face au tourisme de masse demeure problématique.
Une fois le jour bien levé, la chaleur monte vite en altitude ! J’ai passé le reste de la matinée à déambuler dans les nombreux couloirs et recoins du site, à écouter quelques explications du guide au fil de la visite, et à emprunter les sentiers les plus fréquentés qui surplombent la cité. C’est de là-haut qu’on profite de la vue la plus emblématique du Machu Picchu, celle qui donne sur le Huayna Picchu en arrière-plan : LA photo que tout le monde vient chercher et qui permet d’admirer les motifs dessinés par les ruines de cette ancienne cité sacrée.
Bonus : la montagne Machu Picchu des plus motivés: 3 100 mètres d’altitude, 1900 marches, 550m de dénivelés.
Pour les plus courageux, ceux qui souhaitent se dépasser et prendre de la hauteur, l’une des options que vous pouvez ajouter au billet classique est l’ascension de la montagne Machu Picchu.




Face aux fameux sommet Huayna Picchu, de l’autre côté de la citadelle, se dresse sa grande sœur : la montagne Machu Picchu, le « vieux sommet » qui a donné son nom au site. Pour la gravir, aucun supplément à régler sur place : l’ascension fait partie de la route réservée aux détenteurs du billet 1-A, à réserver de préférence quelques mois à l’avance. Attention aux retardataires ! Pas d’entrée sur la montagne après 10h, et le sommet est fermé dès 13h : un garde vérifie votre billet, votre passeport et note l’heure, à l’aller comme au retour. Il faut prévoir trois à quatre heures aller-retour, dont environ deux heures de montée.
Et cette montée ne fait aucun cadeau ! J’ai plusieurs fois questionné mes choix de vie durant l’ascension. Les escaliers incas s’enroulent en lacets serrés, sans répit, sur plus de 550 mètres de dénivelé. Certaines marches arrivent aux genoux et il n’y a pas de rambarde : d’un côté la paroi, de l’autre le vide qui aspire le regard vers la vallée. L’air moite colle au tee-shirt, la forêt exhale une chaleur de serre, on compte les marches et on fait attention à respirer profondément, alors que l’oxygène commence à manquer.


Arrivés là-haut, à plus de 3100 mètres, le sommet n’offre rien d’autre qu’une vue à couper le souffle. Pas d’eau, ni de toilettes, juste une petite cahute de bois pour s’abriter du soleil brulant.
La citadelle s’étale en contrebas, minuscule, et même la Huayna Picchu, si imposante depuis les ruines, paraît presque modeste. La rivière Urubamba trace une boucle d’argent autour des montagnes et face à cette beauté impressionnante, chaque goutte de sueur prend tout son sens.
Machu Picchu : les infos essentielles
- Accès : uniquement via Aguas Calientes (train, minibus + marche, ou trail à pied)
- Guide obligatoire depuis 2017, groupes limités. Réservez à l’avance
- Visite limitée à une demi-journée : 6h-midi ou midi-17h30
- Nourriture et boissons interdites dans l’enceinte, prévoyez un bon petit-déjeuner
- Montée à pied : environ 1h30 depuis Aguas Calientes, très abrupte, départ conseillé à 4h30 pour atteindre le sommet avant le lever du soleil
- Bus disponible (environ 12€), file d’attente dès 4h45 pour le lever du soleil
- Wayna Picchu : billet séparé, 300 places/jour, réservation indispensable
À prévoir : crème solaire, manches longues, anti-moustiques

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