Boire et manger / La Réunion

10 plats réunionnais incontournables

La cuisine fait partie intégrante de l’identité de l’île de La Réunion : généreuse, métissée, et toujours très gourmande… elle est irrémédiablement associée à la convivialité. À La Réunion, les repas se partagent avant tout. On se retrouve le dimanche, on cuisine en famille, on pique-nique, on partage, et on raconte nos meilleures histoires autour d’une table bien garnie !

Si vous venez pour la première fois à La Réunion et que vous cherchez les plats incontournables à ne surtout pas louper, cet article est pour vous. Je vous propose une sélection réactualisée des plats réunionnais à absolument goûter lors de votre visite… vous en reconnaîtrez peut-être certains, dont la réputation a traversé les océans.

Note : j’avais réalisé à l’origine ce classement sur mon ancien blog avec Audrey et David de Taste Reunion, mais leur blog n’est plus en ligne aujourd’hui. J’en profite toutefois pour leur faire un petit clin d’œil, entre voyageurs gourmands 😉

#1 Rougail saucisse, LE classique réunionnais

Comment ne pas en avoir entendu parler ? Le rougail saucisse est devenu au fil des années le plat emblématique de La Réunion et sans doute le plus connu en dehors de l’île : saucisses créoles mijotées avec tomates, oignons, ail, curcuma et thym, servies avec riz blanc et grains, c’est la recette traditionnelle… ou en tout cas c’est ainsi que je le prépare.

Plat réunionnais traditionnel : Rougail Saucisses
Rougail saucisse

C’est un plat résolument familial, facile à faire, réconfortant, et peut-être l’un de ceux qui me manquent le plus au jour le jour ! C’est pourquoi… j’en cuisine régulièrement à Paris. J’en profite pour préciser que si vous n’avez pas de saucisses créoles traditionnelles sous la main, ceux qui vivent en hexagone ou ailleurs peuvent s’essayer au rougail saucisse avec des saucisses de Montbéliard ou de Morteau, ou paysannes : ça n’a pas le même goût mais… bien assaisonné, c’est tout aussi savoureux !

#2 Cari poulet, un plat traditionnel et convivial

Il s’agit d’un plat de poulet en sauce avec un mélange d’épices. Lorsque je prépare un caré poulet, je fais revenir oignons, ail, tomates, puis des épices (curcuma et thym, j’avoue aimer rajouter un peu de gingembre). Et enfin le poulet, déjà rissolé de préférence. Il convient de bien faire mijoter le poulet pendant une petite heure dans une bonne quantité de sauce plutôt liquide, pour que le goût soit bien prononcé !

On peut préparer des caris avec toutes les viandes, en vérité : poulet, porc, « boucané » (poitrine de porc fumée), poisson, crevettes… Et les recettes seront sensiblement les mêmes. Le cari poulet reste toutefois la version la plus traditionnelle. Quelle est la différence entre un cari et un rougail me direz-vous ? Le chef du restaurant « Le Vieux Créole » à Saint-Denis, que j’ai eu la chance de rencontrer pour la réalisation du Guide audio « Voyage à La Réunion » de Bat’ karé, m’a expliqué qu’un rougail est très rapide à faire, alors qu’un cari prendra plus de temps.

Cari poulet

#3 Les samoussas de La Réunion : le snack parfait !

Si vous avez déjà entendu le mot indien « samosa » et connaissez ces chaussons triangulaires fourrés à la viande, ces petits triangles frits sont d’origine indienne, mais ils ont été adoptés et adaptés au goût réunionnais. Plus petits que leurs cousins originaux, ils existent traditionnellement au bœuf mais sont aujourd’hui déclinés au poulet, au fromage, aux légumes, aux sarcives (porc laqué chinois) et même avec des ingrédients sucrés !

Un samoussa coûte entre 0,40 € et 0,60 € pièce et vous pourrez en acheter sur la plupart des marchés forains, dans des camions-bars de bord de mer, et dans des snacks spécialisés en ville.

Samoussas de La Réunion

#4 Les bouchons réunionnais (et le fameux sandwich américain bouchons gratinés)

Voilà une appellation qui a confus plus d’un « Zoreil » (Métropolitain). Le bouchon n’a rien à voir avec le vin ou le restaurant lyonnais : il s’agit d’une petite bouchée vapeur à base de viande de porc, vendue comme « street food », encore un terme moderne alors que les camions-bar existent depuis lustres dans l’île… Les meilleurs se mangent en bord de mer, dans une barquette avec du siave (sauce soja), du ketchup et du piment :p 

Une variante populaire auprès des lycéens : dans un sandwich américain gratiné (avec des frites et du fromage). J’ai des souvenirs émus de mon sandwich américain-bouchon du vendredi acheté au camion-bar en haut du lycée, lorsque nous avions des pauses midi plus longues que d’habitude.

Sandwich américain bouchons gratinés

#5 Salade de palmiste : un mets réunionnais rafraîchissant et raffiné

La difficulté et le temps demandés au palmiste pour mûrir en faisaient un plat plutôt rare il y a quelques années. Aujourd’hui, il ne faut « que » 5 ans aux variétés les plus basiques pour être prêtes à la consommation. La salade de palmiste consiste en un cœur de palmiste coupé en lamelles accompagné d’une vinaigrette.

Les restaurants du groupe Cap Méchant en sont les plus célèbres « fournisseurs » à La Réunion. Si vous cherchez plutôt du palmiste rouge (de meilleure qualité), vous en trouverez dans les bonnes tables d’hôtes du Sud sauvage et dans certains restaurants créoles bien achalandés.

Salade de palmiste

#6 Le cabri massalé : pour les amoureux des épices

Un plat préparé traditionnellement par les familles indiennes de La Réunion, et qui a bien fait son chemin dans la cuisine réunionnaise en général. Le « cabri » désigne la chèvre en créole. La viande est revenue en marmite avec oignons et épices, dont le « massalé ». C’est une poudre de différentes épices mélangées : coriandre, cumin, cardamome, muscade, clous de girofle, cannelle, plus ou moins de piment… mais chaque famille aura tendance à le préparer différemment (à chacun ses petits secrets) !

On peut tout de même acheter des mélanges déjà prêts dans tous les marchés et dans beaucoup de petites boutiques (primeurs, bouchers…). D’ailleurs, cela fait partie des chouettes souvenirs que vous pouvez ramener de La Réunion si vous avez des amis qui aiment cuisiner.

#7 Le bol renversé, emblématique de la cuisine sino-réunionnaise

Plat sino-réunionnais que l’on retrouve a priori uniquement à La Réunion ou à l’île Maurice (quelqu’un en a déjà trouvé ailleurs ?) Prenez un grand bol, mettez-y un œuf au plat, puis ajoutez un sauté de viande, crevettes, champignons, brèdes et autres légumes. Terminez de remplir le bol avec du riz. Couvrez-le alors avec une assiette et retournez le tout : c’est prêt, vous avez fait un bol renversé ! C’est l’un des plats préférés de mon père, et le premier plat que j’ai cuisiné pour mon amoureux pour lui faire découvrir la cuisine réunionnaise 

Le bol renversé

#9 Le rougail morue : un plat qui remonte au temps des routes coloniales

C’est aussi un grand classique de la cuisine réunionnaise ! Le rougail morue est fait avec du poisson séché et salé, une technique de conservation venue des Portugais qui, aux débuts de la colonisation, en importaient. Aujourd’hui encore, la morue se consomme donc à La Réunion : on la trempe 24 heures pour la dessaler, puis on l’émiette et on la fait revenir dans une sauce tomate avec oignons, ail, gingembre et piment. 

C’est un plat simple mais pas si facile à réussir : nous sommes nombreux à exiger une morue “plus sèche”, à ne pas aimer lorsque le rougail morue est “trop mouillé”… il paraîtrait que la magie réside dans la patience et la cuisson lente, qui permet notamment de réduire l’amertume du poisson. On le sert avec du riz blanc et des grains (haricot blanc est souvent un bon choix). 

Le rougail morue

#10 Le civet zourite : poulpe créole au vin rouge

« Zourite » est le nom créole pour désigner le poulpe, qu’il faut savoir bien préparer pour l’attendrir. Le civet zourite est un plat mijoté, une sauce riche au vin rouge avec de la tomate, de l’ail, du gingembre, et des épices. La cuisson est lente, afin d’attendrir la chair du poulpe jusqu’à la rendre fondante. A servir avec du riz, des grains, et un rougail pimenté pour équilibrer la richesse du plat.

Le civet zourite

#11 Le cari ti jacques boucané, poitrine de porc fumée et fruit du jacquier à la créole

Voilà un cari un peu spécial car il nécessite un fruit tout particulier : le fruit du jacquier, appelé jack ou jacques à La Réunion. C’est un fruit asiatique à la peau bosselée, pleine de piques, à la forme surprenante et qui peut atteindre des tailles colossales (jusqu’à 90 cm de long) et peser jusqu’à une quarantaine de kilos pour les plus gros ! Il peut être très odorant mais son odeur est différente de celle du durian, son cousin. Le fruit a des quartiers jaunes à l’intérieur. On le connaît de plus en plus dans la cuisine végétarienne car cuits, les quartiers ont une texture proche du « pulled pork ».

Bref, pour en venir au cari ti jacque boucané, on hache le fruit pas encore mur tout menu pour l’associer au « boucané », poitrine de porc fumée, puis on fait revenir le tout dans la marmite en fonte. Le résultat donne généralement un plat fondant, mais pas aussi fort en goût que si le jack avait été mur. Attention, cela prend du temps de hacher le fruit menu, c’est pourquoi souvent, on l’achète ou le commande déjà haché sur le marché forain.

Plat réunionnais : Le cari ti jacques boucané
Cari ti jacques boucané

#12 Le gâteau patate

Peut-être le gâteau local le plus connu, vous en avez sûrement goûté sur les marchés forains de l’île. À base de patate douce écrasée et toujours accompagnée de gousses de vanille, on en fait maintenant à toutes les sauces (aux pépites de chocolat notamment…) Ce dessert iconique de La Réunion est à déguster avec un bon café coulé ! 

Le gâteau patate

C’est bien sûr une liste non exhaustive… je ne vous ai pas parlé du cari la pat’ (pied de cochon), du rôti de porc à la créole, des différents types de grains, et des nombreux snacks et douceurs dont on se régale à La Réunion. Cela fera l’objet d’un ou plusieurs autres articles, la cuisine réunionnaise est un sujet inépuisable.

En attendant, bons voyages gustatifs à la découverte de l’île !

Table de plats créole
Table de plats créoles

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